Remboursement des aides auditives : ce que le décret du 21 août 2026 change au 1er janvier 2027

Un décret publié au Journal officiel du 22 août 2026 réduit ce que l’Assurance maladie rembourse sur les aides auditives, à partir du 1er janvier 2027. Entre 40 et 80 € de moins par oreille. Voici ce que cela change, et ce que cela ne change pas.

Ce que dit le décret

Le décret n° 2026-810 du 21 août 2026, relatif à la soutenabilité du système de santé et à la prise en charge de certains dispositifs médicaux, relève le ticket modérateur applicable aux produits et prestations de la liste des produits et prestations remboursables, la LPP, sur laquelle figurent les aides auditives.

Le ticket modérateur, c’est la part qui reste à payer après le remboursement de l’Assurance maladie. Il passe d’une fourchette de 40 à 50 % à une fourchette de 50 à 60 %. Mécaniquement, la part remboursée par la Sécurité sociale diminue d’autant.

Le texte entre en vigueur le 1er janvier 2027. Il ne change rien aux devis signés avant cette date.

Ce que ça fait en euros

Aujourd’hui, l’Assurance maladie rembourse 240 € par oreille, dans les deux classes : 60 % d’une base de remboursement fixée à 400 €. C’est ce chiffre qui bouge.

Aujourd’huiSi le taux retenu est 50 %Si le taux retenu est 60 %
Remboursement par oreille240 €200 €160 €
Écart par oreille0 €−40 €−80 €
Écart pour deux oreilles0 €−80 €−160 €

Le taux exact n’est pas encore connu. Le décret fixe une fourchette ; c’est au conseil de l’UNCAM d’arrêter la valeur, après consultation des organismes complémentaires, lesquels s’étaient opposés à la mesure. Tant que cette décision n’est pas publiée, personne ne peut dire si l’écart sera de 40 ou de 80 € par oreille.

Le 100 % Santé tient-il encore ?

Oui, en classe I, mais pas tout seul. Le reste à charge nul n’est pas un cadeau de l’Assurance maladie : c’est le résultat d’une addition. Prix plafonné à 950 € par oreille, moins le remboursement de la Sécurité sociale, moins la prise en charge de votre complémentaire, égale zéro.

Si le premier terme diminue, un autre doit augmenter pour que le résultat reste nul. Ce sera votre complémentaire, et les contrats responsables l’y obligent : ils représentent 95 % des contrats commercialisés. Le reste à charge zéro survit donc au décret, et le ministère l’a explicitement garanti pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et les personnes en affection de longue durée.

Mais un transfert n’est pas une disparition. Ce sont jusqu’à 160 € par appareillage bilatéral qui basculent sur les complémentaires, et les complémentaires se financent par les cotisations. Le coût ne s’évapore pas : il change de guichet, et il arrive au vôtre par un autre chemin.

En classe II, il n’y a aucune garantie

C’est le point que les commentaires passent sous silence. La compensation n’est obligatoire que là où le reste à charge zéro est promis, c’est-à-dire en classe I. En classe II, où le prix est libre et où se concentre l’essentiel de ce que les ménages paient de leur poche, aucune règle n’impose à une complémentaire d’absorber la baisse.

Le plafond de prise en charge reste fixé à 1 700 € par oreille, Sécurité sociale et complémentaire réunies. Mais la part que l’Assurance maladie apporte à ce total diminue. Selon votre contrat, la différence sera compensée, ou elle atterrira sur votre facture.

Ce qu’il faut en faire, concrètement

  • Un devis en cours reste valable. Il engage le professionnel sur les prix qu’il indique, et il est valable deux mois au minimum. Si vous en avez un et que votre décision est prise, le calendrier joue en votre faveur avant le 31 décembre 2026.
  • Demandez à votre complémentaire ce qu’elle prévoit. La question exacte : « à partir du 1er janvier 2027, mon contrat compensera-t-il la baisse du remboursement de l’Assurance maladie sur les aides auditives, en classe I et en classe II ? » Faites-la poser par écrit, et gardez la réponse.
  • Exigez le devis en classe I, même si vous ne comptez pas la choisir. C’est une obligation légale, et la comparaison des deux colonnes devient plus décisive qu’avant : c’est du côté de la classe II que le risque se déplace.
  • Méfiez-vous des arguments d’urgence. Un décret qui change les remboursements est une occasion commerciale pour qui veut faire signer vite. Un devis reste valable deux mois, et rien ne vous oblige à décider sur place.

Ce que nous en pensons, et ce que nous ignorons

Nous n’avons pas d’avis sur l’équilibre des comptes sociaux. Nous constatons ceci : la mesure déplace une charge sans la réduire, et elle la déplace vers l’endroit du marché qui est le moins observé. En classe I, le mécanisme est encadré et vérifiable. En classe II (prix libres, pas de compensation obligatoire, aucune donnée publique indépendante sur les prix pratiqués), personne ne saura mesurer l’effet réel sur les ménages.

C’est précisément le vide que cet observatoire existe pour combler. Nous ne pourrons dire ce que ce décret a changé pour les gens que si nous disposons de devis avant et après. Si vous avez un devis récent, déposez-le : il devient un point de mesure daté, et c’est la seule façon de rendre cet effet visible.

Nous ignorons encore le taux que retiendra l’UNCAM. Nous mettrons cet article à jour dès qu’il sera publié.

Article publié le 3 septembre 2026 par l’Observatoire Indépendant des Aides Auditives. Nous ne vendons aucune aide auditive et ne percevons aucune rémunération d’un audioprothésiste, d’un fabricant ou d’un distributeur. Notre charte d’indépendance.

Sources